AIRBUS HELICOPTERS Le Spigaou Septembre 2014

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Le discours du PDG : coût du travail, ou coût du capital ?

Nous avons été conviés , mardi 16 septembre 2014, à écouter notre PDG, qui nous exposait la situation de l’entreprise, en tout cas la vision qu’il en a.

La seule chose que le PDG n’aie pas abordé dans son discours, c’est le profit des actionnaires. La seule chose à laquelle on ne peut pas toucher selon lui, ce sont les bénéfices.

A fin juillet, alors que la bourse de Paris était morose, Airbus Group annonçait 1,18 milliards d’euros de bénéfice semestriel. Cela fait 8000 euros par salarié environ. C’est pourtant bien les salariés qui créent de la richesse, c’est bien leur travail qui permet de sortir les appareils, ce même travail qui créé la valeur ajoutée… mais le PDG parle de « baisser le coût du travail ».

Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie simplement que l’on va demander aux seuls salariés de faire des efforts. Sous quelle forme ? Le PDG s’est bien gardé de nous l’annoncer, il laisse le sale travail à ses subalternes.

Dans les détails :

Qualité, sécurité : Le PDG a annoncé que la priorité c’était la sécurité, et la qualité. La qualité ? Mais l’on n’embauche pas de personnel à la qualité, ou les intérimaires reviennent de contrat en contrat. La sécurité ? Mais les cadences en accélération, les horaires à rallonge, ne vont-ils pas à l’encontre de la sécurité ?

Livraison : Le PDG a annoncé qu’il faudrait livrer 50% des appareils de l’année en quatre mois. Mais dans le même temps, on se sépare des intérimaires, et certains apprentis en chaîne ne sont pas embauchés, alors qu’ils donnent satisfaction, puisqu’ils reviennent en intérim !

Le rechange : Airbus n’arrive pas à livrer toutes les pièces à temps. Le PDG nous a expliqué qu’un opérateur offshore, dont l’appareil génère 100 000 euros par mois, peut être bloqué pour une pièce à 1000€ … Démonstration imparable, mais à qui la faute ? Qui a instauré le flux tendu ? Qui a instauré le zéro stock ? C’est la Direction ! Et s’il faut livrer, fabriquer des pièces de rechange, des modules, des ensembles, pourquoi avoir gelé les embauches ?

La philosophie : Darwin au secours du PDG.

Voulant appuyer sa démarche, le PDG a cité Darwin, qui aurait dit selon lui que « ceux qui survivent ne sont pas les plus grands, ni les plus forts, mais ceux qui s’adaptent le mieux, et qu’il faudrait s’adapter ». Mais qu’est-ce qu’il fait « adapter » selon lui ? « Adapter » les salaires au coût de la vie, alors que notre pouvoir d’achat recule ? Non ! « Adapter » l’appétit des actionnaires, qui se sont gavés à travers les années, pour le réduire un peu ? Non plus ! Ce qu’il faut « adapter », c’est encore nous, toujours nous, ceux qui font le travail. Darwin aurait-il apprécié d’être utilisé par le patron ? Il n’est plus là pour le dire, mais c’est le système du profit qui nous semble aujourd’hui aussi dépassé que les dinosaures…

 

 

 

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